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SaaS sprawl : la méthode d'audit en cinq étapes

Les abonnements logiciels s'accumulent plus vite qu'ils ne se gèrent : 70 % de la dépense SaaS est engagée par les métiers, et à peine plus de la moitié des licences achetées sert réellement. La plupart des directions découvrent l'étendue de leur parc applicatif au moment de le payer.

Publié le 30 juin 20266 min de lectureniveau dirigeantdonnées vérifiées le 12 août 2026

TL;DR

  • L'organisation moyenne exploite 305 applications SaaS (médiane : 240) — index 2026 commandité par Zylo, éditeur de SaaS management, échantillon orienté grands comptes.
  • 54 % seulement des licences achetées sont réellement utilisées ; les organisations les mieux gérées dépassent 90 % (Zylo, 2026).
  • 56 % des applications en usage ont l'approbation de l'IT : près de la moitié du parc échappe à la gouvernance (BetterCloud, 2026).
  • 70 % de la dépense SaaS est engagée par les métiers, pas par la DSI (Zylo, 2025).
  • 101 applications au SSO en moyenne chez les clients Okta (2025), contre 305 par la dépense (Zylo, 2026) : l'écart, c'est l'angle mort.
  • En Suisse, l'art. 12 LPD impose un registre des traitements ; l'exemption sous 250 collaborateurs est conditionnelle — difficile à démontrer sans inventaire.
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Un parc qui grossit plus vite que sa gouvernance

La thèse de cet article tient en une phrase : on ne rationalise pas ce qu'on ne voit pas, donc l'inventaire précède toute décision de coupe — et cinq étapes suffisent à l'obtenir. Si votre parc est déjà cartographié, mesuré et doté de propriétaires, cet article ne vous apprendra rien.

L'organisation moyenne de l'échantillon Zylo utilise 305 applications, pour 55,7 M$ annuels (index 2026, commanditaire : Zylo). Sur le mid-market, le parc moyen passe de 116 à 164 applications en un an, +41 % (2026 State of SaaS, commanditaire : BetterCloud). Gartner prévoyait, en novembre 2024, 299,1 Md$ de dépense SaaS mondiale pour 2025 (+19,2 %).

La trajectoire est plus instructive que le niveau : entre 2021 et 2023, le parc moyen mesuré par Zylo avait diminué de 323 à 269 applications. Puis l'IA a tout relancé : +11 % en un an, 27 applications « IA » par organisation (BetterCloud, 2026), et 78 % des responsables IT touchés par des facturations imprévues liées à l'IA ou à la consommation (Zylo, 2026). L'audit n'est pas un grand ménage ponctuel : c'est un cycle.

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Des chiffres à lire avec leur commanditaire

Précision d'hygiène : presque toutes les statistiques du SaaS sprawl proviennent d'éditeurs qui vendent la solution au problème qu'ils mesurent. Zylo et BetterCloud éditent des plateformes de gestion SaaS ; Okta, une plateforme d'identité. Leurs données restent les plus larges disponibles (40 millions de licences côté Zylo) mais penchent vers les grands comptes. Une PME de 50 personnes n'a pas 305 applications ; le mécanisme, lui, est identique : achats décentralisés, licences dormantes, doublons fonctionnels. Et le shadow IT n'est pas une faute morale.

« Shadow IT is rarely the result of malicious intent. » — NCSC britannique, guidance « Shadow IT », juillet 2023.

Les causes réelles, selon le NCSC : des circuits de demande trop lents, des outils approuvés insuffisants. Un inventaire honnête révèle donc autant de besoins mal servis que d'abonnements à couper : réaffecter avant de supprimer.

03

Quatre familles de découverte, quatre angles morts

Chaque famille a un angle mort mesurable — l'argument pour les croiser plutôt que d'en choisir une.

Famille de découverteCe qu'elle voitCe qu'elle rate
Facturation (comptabilité, cartes, notes de frais)Tout ce qui est payé, avec les montantsLe freemium et les essais gratuits, qui traitent pourtant des données
SSO / annuaire (ex. « Usage & insights » d'Entra ID, licence P1/P2)Connexions par application, taux de succès, dernière connexionTout ce qui n'est pas intégré au SSO
Autorisations OAuth (ex. « Accessed apps », console Google Workspace)Les apps tierces ayant réellement accédé aux données, avec leurs scopesLes apps utilisées sans le compte de l'entreprise
Trafic réseau (ex. Defender for Cloud Apps, catalogue de 31 000+ apps ; Cloudflare Shadow IT Discovery)L'usage réel, y compris hors SSO, classable Approved / UnapprovedLes usages hors périmètre filtré ; question de proportionnalité de la surveillance

Okta compte 101 applications par client — uniquement celles intégrées à son SSO — quand Zylo, partant de la dépense, en compte 305. La différence n'est pas une erreur de mesure : c'est l'angle mort d'une méthode unique.

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La méthode en cinq étapes

L'ordre compte : le financier d'abord, la technique ensuite, la décision en dernier. Commencez par extraire douze mois de facturation, de cartes et de notes de frais — la seule source que toute direction possède déjà. Croisez ensuite avec les consoles en place : SSO, autorisations OAuth, journaux de passerelle. Chaque écart entre les deux listes est une découverte.

Vient la mesure d'usage — c'est là que dort l'argent : 54 % de licences réellement utilisées en moyenne (Zylo, 2026), chaque point sous 100 % est un argument au prochain renouvellement. Qualifiez ensuite chaque application — propriétaire métier nommé, données traitées, redondances — puis décidez : réaffecter, renégocier, résilier. Installez enfin une revue trimestrielle, car le parc regonfle. Cette discipline de l'inventaire avant la décision est au cœur de notre façon de construire ; le même réflexe structure nos services d'audit.

Ce que ça coûte de ne rien faire — L'organisation moyenne de l'échantillon Zylo (orienté grands comptes) laisse 19,8 M$ de licences inutilisées par an ; 3,8 M$ pour les structures de 1 à 500 employés. Retenez le ratio : 54 % d'utilisation, c'est près d'un franc d'abonnement sur deux dormant. Ajoutez le risque : 18 % des organisations ont subi un incident lié à un ex-collaborateur ayant gardé ses accès ; 25 % seulement automatisent l'offboarding (BetterCloud, 2026).

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En Suisse, l'inventaire est aussi une question légale

L'art. 12 LPD impose un registre des activités de traitement : finalités, catégories de données et de destinataires, mesures de sécurité, États destinataires le cas échéant. Chaque application SaaS qui touche des données personnelles a vocation à y figurer.

L'alinéa 5 exempte les entreprises de moins de 250 collaborateurs, à condition d'un risque limité d'atteinte à la personnalité (art. 24 OPDo). Or démontrer un risque limité suppose de savoir quelles applications traitent quelles données : l'exemption repose sur l'inventaire. Un audit bien mené alimente donc directement ce registre : deux obligations, un seul chantier, dans l'esprit de notre méthode.

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La grille d'audit

ÉtapeActionSource de donnéesRésultat attendu
1. Inventaire financierExtraire 12 mois de facturation, cartes, notes de frais ; isoler les dépenses récurrentesComptabilité, relevés de cartes, notes de fraisAbonnements payés : coût annuel, porteur, date de renouvellement
2. Découverte techniqueCroiser la liste financière avec SSO, autorisations OAuth et journaux de passerelle disponiblesConsole d'identité, console Workspace ou Microsoft 365, passerelleParc consolidé (payé + gratuit + shadow IT) et écarts entre sources
3. Mesure d'usageRelever dernière connexion et utilisateurs actifs par application, comparer aux licences payéesRapports SSO, consoles d'administration des applicationsTaux d'utilisation par application ; licences dormantes chiffrées
4. QualificationNommer un propriétaire métier, recenser les données traitées, repérer les doublonsEntretiens métiers, contrats, registre LPDUne fiche par application : responsable, criticité, conformité, redondances
5. Décision et cycleRéaffecter, renégocier ou résilier ; fixer une revue trimestrielle et un circuit d'achat uniqueLivrables des étapes 1 à 4, budgetPlan d'action chiffré et gouvernance récurrente
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Les limites de cette approche

Les chiffres cités viennent d'échantillons orientés grands comptes : vos montants seront plus petits, pas forcément vos ratios. La méthode suppose un minimum de centralisation technique ; sans SSO ni suite collaborative administrée, les étapes 2 et 3 se réduisent à la facturation et aux entretiens — moins précis mais suffisant en première passe. Le trafic réseau soulève une vraie question de proportionnalité de la surveillance, à traiter avant déploiement. Enfin, sous une vingtaine d'applications, un tableur et une réunion suffisent.

À retenir

  • Couper avant d'inventorier détruit de la valeur : une partie du shadow IT signale des besoins réels, à réaffecter plutôt qu'à supprimer.
  • Croiser facturation, SSO/OAuth et — avec précaution — journaux réseau est le seul moyen de voir le parc entier ; chaque source, seule, ment par omission.
  • Le même audit alimente le registre des traitements exigé par la LPD : un chantier, deux obligations couvertes.

Reprendre la main n'exige ni plateforme dédiée ni projet de six mois : douze mois de facturation, les consoles en place et une grille disciplinée suffisent pour la première passe. Le reste est affaire de rythme — une revue par trimestre, un circuit d'achat, un propriétaire par application. Ownward aide les entreprises à mieux performer grâce à la technologie — et surtout, à reprendre le contrôle.

Sources

Données et tarifs vérifiés le 12 août 2026.

Les marques citées appartiennent à leurs détenteurs respectifs. Cet article n'est ni commandité ni approuvé par les éditeurs mentionnés.

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